Pourquoi bibliothécaire est un chouette métier ?

Dans quelques mois, je pourrai fêter mes six ans de travail dans une médiathèque. Six ans qui m’ont donné l’occasion de découvrir ce métier avec ses multiples facettes, qui m’ont permis d’expérimenter et d’apprendre tout un tas de choses. Certes, je reste toujours une « jeune bibliothécaire », et il me reste encore un bon bout de chemin à parcourir. Mais si toi aussi tu t’intéresses à ce métier, tu seras peut-être curieux/curieuse de connaître ce regard de l’intérieur (même s’il reste personnel).

Avant de commencer, je voudrais préciser qu’il existe un bon nombre de bibliothèques différentes. Chaque type de bibliothèques a ses propres missions et sa propre raison d’être. Dans cet article, je parlerai surtout des bibliothèques que je connais le mieux, à savoir a) des bibliothèques françaises ; b) des bibliothèques publiques, donc ouvertes à tous (celles où tu emprunteras une BD sortie cette année, ou le dernier tome d’une saga à succès).

Enfin, ce que je dirai dans cet article n’engage qu’à moi. J’exposerai ici ma vision de ce métier, je parlerai de ce en quoi je crois personnellement. Ce sera peut-être un discours un point idéaliste et naïf mais appuyé tout de même sur mon expérience, mes réflexions et mes lectures.

Bibliothécaire est un métier innovant.

Les bibliothèques souffrent aujourd’hui d’une image archaïque qui les représente principalement comme des temples de savoirs ou des lieux de stockage de livres poussiéreux. Et pourtant, à notre époque où il suffit de quelques clics pour accéder à n’importe quel type d’information sur Internet, les bibliothèques sont obligées plus que jamais d’évoluer et d’innover pour survivre. Ce métier est donc loin d’être figé dans le temps. Il évolue en même temps que la société, les moyens d’accéder à l’information, les nouveaux modes de communication, etc.

Voici seulement quelques-uns des concepts innovants qui apparaissent ces dernières années dans le monde des bibliothèques : prêt des objets et des œuvres d’art, bibliothèques dont vous êtes le héros, bibliothèques participatives et centrées usagers, aménagement des bibliothèques « comme à la maison », prêt des livres numériques, grainothèques, espaces coworking, bibliothèques en libre service, présence sur les réseaux sociaux, etc… je trouve toutes ces idées passionnantes et je suis sûre que demain il y en aura encore plein d’autres.

Bibliothécaire est un métier de partage.

Être bibliothécaire pour moi c’est partager ses découvertes, ses passions, ses connaissances avec plein de gens. Les actions des bibliothèques aujourd’hui sont de plus en plus axées sur les liens sociaux. Ce ne sont plus (ou plutôt pas seulement) des lieux de silence et de travail où on chuchote et où on a presque peur de respirer sous peine d’attirer les foudres d’une bibliothécaire aux aguets… (une image archaïque bis). Ce sont aujourd’hui des lieux animés, des lieux d’échanges, des lieux de rencontres et des lieux de vie, où on assiste à des concerts ou des spectacles, où on participe à des débats et des ateliers, où on partage des moments conviviaux et apprend ensemble.

J’aime beaucoup cette citation tirée d’un livre écrit par un bibliothécaire américain David Lankes qui recentre les missions des bibliothèques sur les communautés plutôt que sur des livres :

Les mauvaises bibliothèques ne font que développer des collections. Les bonnes bibliothèques développent des services (et la collection n’est que l’un d’entre eux). Les meilleures bibliothèques développent des communautés.

Les tablettes de pierre se sont transformées en rouleaux, les rouleaux en manuscrits, les manuscrits en livres, et les livres se transforment en ce moment en applications. Les outils que les bibliothèques utilisent pour accomplir leur mission, quelle que soit cette mission, vont changer. La raison pour laquelle nous utilisons ces outils (nouveaux ou anciens) demeure identique au fil du temps. Les bibliothèques devraient être une affaire de connaissances pas d’outils.

Exigeons de meilleures bibliothèques, David Lankes

C’est beau, non ? Certes, c’est peut-être un peu savant dit comme ça. Mais le message essentiel est là : ce sont les gens qui restent au centre des préoccupation des bibliothèques, tandis que les livres ne sont que des outils de ce travail.

Bibliothécaire est un métier de création.

Quand je vois tout ce qui se fait dans certaines bibliothèques de France et du monde (les bibliothèques scandinaves ou américaines, mais aussi à Louise Michel à Paris, où à la médiathèque Entre Dore & Alliers, par exemple), je me dis que c’est un métier qui n’a quasiment pas de limite à la créativité. Étant très diversifié et touchant à tous les domaines de culture et de connaissance, ce métier donne la possibilité d’expérimenter et d’apprendre plein de choses. J’avoue que cette pensée me donne des ailes…

Quelqu’un (parmi les collègues certainement) me parlera peut-être des contraintes, du budget, du temps, et cetera, et cetera, et cetera… Et moi je répondrai que savoir trouver du temps, tirer meilleur profit de son budget, surmonter des contraintes et trouver des solutions, c’est aussi faire appel à sa créativité. :PPP

Bibliothécaire est un métier économique (en principe)^^

Enfin, le plus facile et le plus évident pour la fin. Travailler dans une médiathèque permet de faire des économies significatifs sur son budget « culture ». 🙂 Je n’ai pas besoin de courir dans une librairie et de contacter le « service presse » des éditeurs pour avoir les dernières sorties littéraires et les lire et critiquer sans aucune contrepartie et sans aucun état d’âme (ce serait bien ici de mettre un smiley d’un petit diablotin).

Même si, bien sûr, j’avoue d’acheter quand même plein de livres et autres produits culturels, aller au cinéma, payer l’abonnement des plateformes vidéo pour regarder des films et des séries… Mais en principe, je ne suis pas obligée de le faire. 🙂 Et je suis même payée à la fin du mois pour ça !

Vous hésitez encore ? Pour information, pour devenir bibliothécaire, la voie officiel est de passer des concours. Cependant, un diplôme professionnel (DUT ou licence pro métiers du livre) est un plus significatif et peut même vous ouvrir des portes d’une bibliothèque sans concours.

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