Demain n’est pas un autre jour

« Demain n’est pas un autre jour » de Robyn Schneider, édition Gallimard Jeunesse

La vérité, c’est que la plupart d’entre nous ne figuraient pas dans les albums-souvenirs de nos lycées. On était les grands absents, les disparus qui n’étaient pas revenus à la rentrée. Et qui ne revendraient peut-être jamais. Parce que la tuberculose n’avait rien à voir avec le cancer ; ce n’était pas le genre de truc que tu combattais entouré de tes amis et de ta famille réunis à ton chevet pour applaudir ton courage. Personne n’était là pour te tenir la main ; les gens retenaient leur souffle en ta présence. Et on t’envoyait dans un endroit comme Latham pour protéger les autres, parce que ça valait mieux pour eux.

Lane est atteint d’une nouvelle forme de tuberculose qui résiste à tous les traitements et les vaccins. Brillant élève en terminale, il est forcé d’arrêter ses études et de renoncer à ses projets d’entrée dans une université prestigieuse pour se retrouver cloitré dans un sanatorium médicalisé destinés aux adolescents malades. Son nouveau quotidien est régi par un règlement très strict: pas de portable, ni d’internet, régime alimentaire drastique, constante surveillance médicale par l’intermédiaire des bracelets électroniques, et surtout beaucoup de repos – chose à laquelle Lane n’est pas du tout habitué. Il essaye de continuer la préparation de son dossier pour la fac et travaille d’arrache-pied en cachette, mais l’état de sa santé se dégrade et les infirmiers lui confisquent ses bouquins. Peu à peu, il commence à s’intéresser aux jeunes qui l’entourent. Un groupe de copains qui n’hésitent pas de braver le réglement attire particulièrement son regard. D’autant plus qu’il reconnait une des deux filles, Sadie, qui a bien changé depuis leur séjour dans une colonie de vacances quelques années auparavant…

On comprend assez vite que dans ce roman, la maladie (imaginaire, d’après les explications de l’auteur) occupe une place secondaire et sert plutôt de prétexte pour une histoire d’amour entre la vie et la mort. Tout au long de ma lecture, je n’arrêtais pas de me dire que de toute évidence, ce livre vise un public dont je ne fais pas (plus ?) partie. Je me souviens que j’ai beaucoup aimé le premier roman de Robyn Schneider « Coeurs brisés, têtes coupées », mais mes goût ont peut-être changé. Je me suis même demandé si je devais vraiment écrire une critique sur un livre qui m’a autant déçu. Une question un peu étrange, n’est-ce pas ?

Mais je commence plutôt par des points positifs, et j’en ai compté trois (wow !). Premièrement,  je trouve que la couverture est magnifique. Votre oeil aiguisé a sans doute déjà remarqué que derrière ses belles branches automnales se cachent en fait la représentation des poumons. Personnellement, j’ai été un peu longue à la détente, car j’ai fait le lien entre le sujet et la couverture seulement à la 70ème page, pas trop tôt !

Un autre point qui m’a séduit, c’est une ambiance hors du temps dans ce campus-sanatorium isolé du monde, perdu au milieu d’une forêt, coupé de toute la civilisation. Les jeunes patients n’ont pas le droit de quitter le territoire par risque de contagion, mais Sadie et sa bande vont braver les interdits et faire de temps en temps quelques excursions dans le village voisin. Enfin, je n’ai aucune reproche à faire à l’écriture de Robyn Schneider, simple, claire et agréable à lire.

Cependant, en lisant ce livre, je me suis beaucoup ennuyée. Imaginez qu’en tournant une page, vous savez exactement ou à quelques détails prés les événements et les répliques qui vont suivre. C’est le sentiment que j’ai eu en suivant l’histoire de Lane et de Sadie. L’intention de l’auteur est tellement transparente qu’on sait tout de suite où elle veut en venir (avouez que vous avez déjà deviné). Je n’ai donc pas été emportée par les tourments et les mesaventures de ces héros, ils m’ont même paru assez plats et ordinaires (ou là là, je suis très dure là).

Tout ceci ne signifie pas pour autant que « Demain n’est pas un autre jour » est un roman cauchemardesque qui ne mérite même pas d’être imprimé. Comme j’ai déjà dit, il est plutôt bien écrit et il s’inscrit parfaitement dans la lignée des romans ado qui constituent le nouveau genre en vogue, la « sick-lit ». A mon avis, il trouvera sans problème son public. Or, lorsque dans la note de l’auteur, Robyn Schneider écrit qu’il n’y a pas beaucoup de romans ados traitant de la maladie et qu’en écrivant ce livre elle voulait combler ce manque, j’ai du mal à retenir un rire nerveux. Il faudrait peut-être lui faire la liste ?..

1 Comment

  • Reply Quoi de neuf ? Les sorties du mars 2017 avril 5, 2017 at 10:48

    […] trouver ma critique sur la Phobie de Sarah Cohen-Scali et sur le dernier roman de Robyn Schneider Demain n’est pas un autre jour. Cependant, le livre qui m’a vraiment touché au cours de ce mois-ci, c’est La plus […]

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