Ces livres que j’aime malgré une fin décevante

Comme cela ne vous a sans doute pas échappé, la fin tant attendue d’une certaine série populaire a fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines. Les gens se disent déçus et crient au scandale en reprochant aux scénaristes d’avoir gâché tout ce qui avait été créé jusque-là. Une pétition a même été mise en place pour réclamer une autre fin… Alors, est-ce qu’une fin décevante peut vraiment gâchée une œuvre géniale ? Pas forcément et pas pour moi. Explications en quelques exemples.

Quand on aime passionnément quelque chose, on peut se sentir presque trahi si l’objet de notre passion n’est plus à la hauteur… c’est très compréhensible. En plus, il est vrai que cette fin dont on parle tant est loin d’être parfaite. On peut lui reprocher quelques problème de rythme ou de logique, les changements inattendus des personnages, les rebondissements un peu trop rapides. D’autant plus que certaines questions restent toujours sans réponse après le générique final… le comble !

Cependant, personnellement, je ne me sens aucunement déçue ou trahie par cette œuvre de fiction que j’ai tant aimée au cours de ces années. Je ne peux pas dénigrer et oublier tous ces moments qui m’avaient émue, bluffée, horrifiée, inspirée. Je me retrouve même à la défendre corps et âme comme un être cher alors que je sais pertinemment qu’elle aurait pu être différente. Même si je peux comprendre la déception, je ne comprends pas la haine générale. Je me suis donc amenée à me poser cette question :

Est-ce qu’on peut aimer une œuvre avec une fin décevante ?

Pour réfléchir à cette question, j’ai essayé de me rappeler tous les romans que j’ai aimés ces derniers temps mais dont la fin m’a déçu. Comme je n’ai pas un très bonne mémoire pour les détails, il s’agira donc des lectures plus ou moins récentes. Ce ne sont pas juste de bonnes lectures, mais des livres que je pourrais qualifier de coups de cœur. Dans tous les exemples cités, j’ai eu un peu de mal de me l’avouer au début, tant ces lectures m’ont plu. Mais maintenant avec du recul, je dois reconnaître avoir ressenti pour des raisons différentes une note de déception en refermant la dernière page. Un petit tour en images, garanti sans spoilers.

Une fin perturbante

Hex de Thomas Olde Heuvelt

Synopsis. Bienvenue à Black Spring, charmante petite ville de la Hudson Valley. Du moins en apparence : Black Spring est hantée par une sorcière, dont les yeux et la bouche sont cousus. Aveugle et réduite au silence, elle rôde dans les rues et entre chez les gens comme bon lui semble. Les habitants s’y sont tellement habitués qu’il leur arrive d’oublier sa présence. Ou la menace qu’elle représente. En effet, si la vérité échappe de ses murs, la ville tout entière disparaîtra. Pour empêcher la malédiction de se propager, les anciens de Black Spring ont utilisé des techniques de pointe pour isoler les lieux. Frustrés par ce confinement permanent, les adolescents locaux décident de braver les règles strictes qu’on leur impose. Ils vont alors plonger leur ville dans un épouvantable cauchemar…

Même si je n’en avais pas beaucoup parlé sur ce blog, j’ai adoré Hex après l’avoir découvert grâce à Pumpkin Autumn Challenge en 2017. Il était terriblement angoissant et prenant à ce point que je l’ai dévoré en deux jours. Cependant, la fin m’a paru tellement grotesque que j’en suis restée bouche bée… Dans le postface, l’auteur reconnaît lui-même de « s’être un peu emballé ». Mais en même temps, il a l’air d’assumer pleinement cette fin horrible et étrange. Aurais-je préféré une autre fin ? Est-ce une fin logique pour une telle histoire ? Je n’ai toujours pas la réponse à cette question.

Une fin trop fade

La trilogie Grisha de Leigh Bardugo

Synopsis du premier tome. Orpheline, Alina ne peut compter que sur elle-même. Quand l’armée la recrute pour une expédition dans la Nappe d’ombre, un brouillard maléfique qui déchire le royaume, la jeune fille s’attend à y laisser sa peau… Les rares survivants des précédents raids racontent que des monstres s’y repaissent de chair humaine ! Seul Grisha, puissants magiciens, sont à même de lutter contre cette malédiction. Et si cette épreuve révélait aux yeux de tous la véritable nature d’Alina ?

Le premier tome de Grisha a été un énorme coup de cœur pour moi. J’ai attendu la parution de deux tomes suivants avec une très grande impatience, en me précipitant dans la librairie le jour de leur sortie. J’ai été fan de l’univers, de l’intrigue, des personnages ! Il est donc tout à fait logique que je m’attendais à une fin grandiose, ou en tous cas digne de l’affrontement incessant de deux protagonistes tout au long du récit… Certes, j’ai lu le dernier tome avec grand plaisir et avec un petit pincement au cœur au moment de tourner la dernière page… Mais le dénouement final m’a paru tellement simple et fade par rapport aux autres événements de la trilogie que je n’ai pas pu m’empêcher de me sentir un point déçue.

Une fin peu crédible

Le Voyage de Diana Gabaldon (tome 3 de la saga Outlander)

Synopsis du premier tome. 1945. Claire passe ses vacances en Ecosse, où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champ de bataille.
Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois ?

Comme j’en avais déjà parlé par ici, j’ai beaucoup aimé les deux premiers tomes d’Outlander. Même si j’avais été un peu déçue par la fin de la troisième saison de la série éponyme, je gardais quand même l’espoir que la fin de ce troisième tome me laisserait un arrière-gout moins amer. Raté. Même si j’aime toujours l’écriture, les personnages et l’univers, les rebondissements rocambolesques de cet opus m’ont rendu plus que sceptique. Je continue toutefois cette saga avec plaisir, en me disant que c’était juste une parenthèse moins réussie…

Une fin trop rapide

La Servante écarlate de Margaret Atwood

Synopsis. Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Ce roman dont on a beaucoup entendu parler ces derniers temps m’a considérablement secouée lorsque je l’ai lu. A travers une écriture fluide et percutante, on découvre petit à petit une société dystopique terrifiante qui nous rappelle à quel point nos libertés sont fragiles. Je me souviens d’être restée absorbée par cette lecture pendant plusieurs jours. Je précise cependant que j’ai lu ce roman avant de regarder la série. Et si les scénaristes ont eu tout le plaisir d’inventer la suite des événements racontés dans ce premier opus, le roman quand à lui se termine sur une fin ouverte… Même si j’aime bien en général que l’auteur laisse place à l’imagination du lecteur, je me suis quand même sentie un peu frustrée par cette fin brusque et rapide.

Et pour vous, est-ce qu’une fin décevante peut changer radicalement votre avis sur un livre ? Quels sont les livres dont la fin vous a déçu ?

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